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Promoting access to quality, safe, and relevant education for all persons affected by crisis

Discussion II : Qualité de l’éducation dans les pays fragiles : défis et bonnes pratiques

Par Barry Sesnan, consultant en éducation 

 

Contexte et problématique

 

Même lorsque les pays sont en situation de crise économique, sociale et politique généralisée, le mandat d’assurer l’accès à une éducation de qualité pour tous les enfants existe toujours. Quoique cette qualité ne soit pas toujours bien définie, nous pensons que nous devons nous baser sur ce que les parents, les enfants et les leaders veulent.

Nous pouvons être amenés à accepter une qualité moindre pendant que nous luttons pour inscrire autant d'enfants que possible à l'école. Cependant, la faible qualité que nous sommes forcés d’accepter à cause des circonstances peut parfois être contre-productive, car elle exigera alors plus d’efforts par la suite pour rattraper le retard accumulé, ou empêchera plus tard les enfants de réussir dans le système normal à côté de ceux qui n’ont pas subi de crise. L’éducation diffère de la vaccination, par exemple, en ce sens que nous voulons que les enfants suivent au moins neuf ans d'instruction salutaire, qui améliore de manière significative leurs qualifications ainsi que leurs connaissances et leur capacité de bien vivre et de contribuer à la société.


Le rôle d'une école comme garderie (p. ex. espace ami d’enfants) peut être utile ; les parents et les étudiants eux-mêmes citent souvent l’école comme étant un véhicule conduisant vers un diplôme. Cependant, c’est l’apprentissage, et la valeur ajoutée par l'école, qui nous concernent le plus. Ceci est souvent oublié quand nous favorisons des questions accessoires, en ignorant les besoins primordiaux que sont la langue, le calcul, la santé, la connaissance sociale et la capacité de fonctionner de manière productive après avoir quitté l’école.


En effet une éducation de qualité est une éducation qui fournit effectivement la connaissance et les capacités requises dans le monde moderne et enrichit la vie des étudiants, n’oubliant pas les désirs des parents et des enfants, tels que réussir des examens tout en obtenant des qualifications pratiques. La plupart conviendront que l'éducation de qualité exige (liste non-exclusive) :


i) de bons enseignants qui sont bien informés, confiants et compétents ;

ii) des manuels de base, des aides pédagogiques et des documentations de référence ;

iii) des effectifs qui ne dépassent pas les normes ;

iv) l’enrichissement sous forme de chartes, diagrammes, objets éducatifs et

v) des opportunités pour que les enfants apprennent en dehors de la salle de classe formelle.


La qualité de "livraison" peut être mesurée en termes d'efficacité, en se focalisant sur la durée nécessaire pour accomplir un cours, le nombre de modules ou chapitres lus, ainsi que le nombre d'élèves qui achèvent un cycle avec succès par rapport au nombre d’élèves inscrits.
Ces indicateurs de processus ne mesurent pas l'apprentissage. Heureusement, à travers les systèmes scolaires classiques, nous avons déjà des outils pour mesurer l'apprentissage grâce à des examens, au progrès à travers un programme d'études (souvent représenté par un manuel), à la compréhension des matières, à la cohérence de l'accomplissement parmi tous les enfants ainsi que à l'adhérence aux standards et aux normes.

 

Les défis

 

Défi 1 : Comment convaincre les personnes qui travaillent dans le domaine de l'éducation dans des circonstances difficiles que la qualité est un effort nécessaire ?
Défi 2 : Comment gérer les compromis entre : (i) la qualité et la quantité, (ii) le long terme contre le court terme, (iii) l'enseignement primaire à moindre coût contre l'enseignement secondaire plus cher (sans parler de la formation professionnelle et études post secondaires).
Défi 3 : Comment assurer la qualité quand les managers ne sont pas des éducateurs, quand, par exemple, la personne responsable de gestion de l'éducation est un ingénieur spécialiste en WASH ?
Défi 4 : Comment renforcer une équipe faible d’enseignants bénévoles souvent recrutés sur place ?
Défi 5 : Comment vérifier que le niveau de qualité est atteint, que la valeur a été ajoutée ?
Défi 6 : Comment identifier et supprimer des obstacles à la qualité, telles que des heures d'enseignement très courtes, l'utilisation des bâtiments scolaires à d'autres fins et la tendance des donateurs à couper des budgets au fil du temps, car ils semblent considérer la qualité comme accessoire ou inutile ?


D'après votre expérience, comment ces défis peuvent-ils être surmontés ? Nous vous invitons à partager avec les autres membres du réseau les difficultés que vous avez rencontrées, ainsi que les bonnes pratiques que vous avez vu à l'oeuvre.
 

Pour participer à la discussion, vous devez vous connecter avec votre identifiant et votre mot de passe sur le site de l'INEE. Vous pourrez alors écrire votre commentaire dans l'encadré en bas de la page. Si vous rencontrez des difficultés, vous pouvez contacter Anne-Laure Rambaud ([email protected]) ou Véronique Quach-Hong ([email protected]), Facilitatrice et Stagiaire pour la Communauté de langue française. 

 

 

Biographie

Barry Sesnan, spécialiste des formes alternatives d'éducation et de certification, travaille dans le domaine de l'éducation en conditions difficiles, notamment en situations d'urgence, de conflit et post-conflit et de relèvement. Enseignant de formation, il a travaillé comme formateur, créateur, manager et évaluateur des projets en éducation en Afrique de l’ouest et des Grands Lacs, RD Congo, Rwanda, Somalie, Kenya et les deux Soudans. Il a également été chercheur au Refugee Studies Programme à Oxford et a supervisé la thèse d’étudiants qui faisaient leur Master en Education à l'Université Makerere, en Ouganda. Barry a été l’une des premières personnes à défendre la qualité de l’éducation, même en circonstances difficiles, ce qui l’a amené à travailler avec des réfugiés, des rapatriés, des migrants en milieu urbain et des personnes déplacées. Il a notamment réalisé des projets d'éducation pendant et après des irruptions volcaniques, des inondations, des déplacements et des guerres. Il travaille souvent avec les jeunes déscolarisés.
 
Barry a développé des mesures innovantes pour contrôler la qualité dans des situations où les écoles sont éloignées ou difficiles à visiter, en proposant par exemple l'évaluation des enseignants par vidéo et des projets de formation rapide. Il explore la possibilité de soutenir les enseignants dans les villages et les campements  avec des tablettes pour standardiser la qualité de l'enseignement et de former les enseignants pendant leur travail. Barry travaille actuellement avec Plan international au Mali.